La machine judiciaire déployée par le parquet spécial de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF), sous la direction d’Alphonse Charles Wright, poursuit son examen minutieux de la gestion des administrateurs locaux. Au cœur de cette attention : l’ex-président de la délégation spéciale de Ratoma, Ahmed Sékou Traoré, et son receveur, Mohamed Camara. Tous deux sont poursuivis pour le détournement présumé de 32 milliards de francs guinéens, une affaire emblématique de la lutte contre la mauvaise gouvernance financière.
Alors que l’ouverture de leur procès était initialement fixée à ce lundi 22 juin devant la chambre de jugement de la CRIEF, les débats n’ont pu débuter. En effet, le collectif des avocats de la défense, conduit par Me Lanciné Sylla, a sollicité un renvoi immédiat. Ayant été constitué très récemment, le conseil a justifié sa demande par la nécessité de prendre connaissance de l’intégralité des pièces du dossier pour assurer une défense rigoureuse des prévenus. Le juge Alpha Camara, siégeant avec ses conseillers Kanda Doumbouya et Mamadou Dian Diallo, a fait droit à cette requête, actant le report de l’audience au 29 juin prochain.
Les chefs d’accusation retenus contre Ahmed Sékou Traoré et Mohamed Camara sont particulièrement lourds et témoignent de la gravité des faits reprochés dans le cadre de leur gestion à la tête de la délégation spéciale :
Détournement de deniers publics (montant de 32 milliards de GNF)
Corruption d’agents publics
Faux et usage de faux en écritures publiques
Enrichissement illicite
Blanchiment de capitaux
Complicité
Le rendez-vous est donc pris pour le 29 juin, date à laquelle le tribunal devrait enfin engager les débats de fond sur cette affaire qui place la transparence de la gestion des collectivités locales au centre de l’actualité judiciaire guinéenne.




















