La Guinée franchit une étape décisive dans la réappropriation de son histoire. Ce lundi 17 août 2026, une rencontre stratégique s’est tenue entre le ministre de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat, Moussa Moïse Sylla, et la commission scientifique composée d’historiens et d’experts. Au cœur des échanges : la restitution des biens personnels de l’Almamy Samory Touré ainsi que le rapatriement des restes de Bokar Biro Barry et de ses proches.
Prenant la parole en premier, le ministre Moussa Moïse Sylla a tenu à souligner la portée hautement historique de cette démarche. Pour lui, il ne s’agit pas d’un simple acte administratif, mais d’une exigence de vérité mémorielle et de dignité nationale :

« Ces biens, nous voulons qu’ils retournent chez eux. Mais nous voulons le faire dans le cadre d’une diplomatie culturelle et d’un respect mutuel, car pour nous, ce n’est point une rupture, mais plutôt un moyen de galvaniser davantage les relations entre notre pays et ses partenaires », a déclaré le ministre.
À ses côtés, les membres de la commission scientifique ont embrayé sur la nécessité absolue d’allier rigueur méthodologique et actions concrètes. Les historiens ont ainsi insisté sur l’importance de ce travail de titan :

« Derrière chaque objet et chaque relique, il y a une trajectoire humaine, une communauté et une identité qu’aucun inventaire ne saurait réduire à de simples pièces de musée », ont-ils rappelé pour souligner la nécessité de documenter et de certifier scientifiquement chaque provenance.
Intervenant sur les aspects liés au recensement et à la numérisation, la Dre Safiatou Diallo a insisté sur l’urgence d’une traçabilité rigoureuse :

« Numériser notre patrimoine, c’est lui offrir un bouclier contre l’oubli et donner à notre jeunesse les outils numériques nécessaires pour se réapproprier l’histoire de leurs ancêtres sans aucune zone d’ombre », a-t-elle affirmé.
De son côté, Sansy Kaba Diakité, point focal de Conakry Ville Créative de l’UNESCO, a mis en avant l’impact de ces actions sur le rayonnement culturel de la capitale :

« Cet élan mémoriel va bien au-delà de simples archives ; il insuffle une dynamique créative à notre cité et prépare le terrain pour que Conakry devienne un carrefour incontournable de la culture africaine et universelle », a-t-il souligné.
Cette dynamique collective vise à préparer l’opinion et à structurer les futures structures d’accueil, à l’image du futur Musée du livre et des écritures africaines de Conakry. En faisant revivre l’héritage de figures emblématiques telles que Samory Touré et Bokar Biro Barry, la Guinée réaffirme sa souveraineté culturelle et cimente durablement les jalons de sa mémoire collective pour les générations futures.
Doumbouya Ibrahima Sory, pour VoixDAfrique224.com 610 62 65 59






















