Le ministère de l’Emploi, du Travail et de la Protection Sociale a organisé ce vendredi à Conakry un atelier d’information axé sur les modalités pratiques des missions de contrôle de l’Inspection Générale du Travail.
Cet événement a réuni de nombreux participants issus notamment des Établissements Publics à caractère Administratif (EPA), des Sociétés Anonymes (SA), des Autorités Administratives Indépendantes (AAI) et des Établissements Publics Professionnels (EPP).

Cette rencontre a permis des échanges fructueux sur le bien-fondé de ces contrôles et sur le rôle crucial que doit jouer l’Inspection Générale du Travail pour mener à bien cette mission d’envergure nationale. À cette occasion, le ministre de l’Emploi, du Travail et de la Protection Sociale, Mory Condé, a souligné que cette démarche s’inscrit dans le cadre du suivi des politiques publiques du gouvernement guinéen, sous la haute vision du président de la République, le Général Mamadi Doumbouya, et à travers le programme de développement socio-économique de la Vision Simandou 2040.

Le ministre a annoncé le déploiement imminent de ces missions d’inspection au sein des EPA, SA, AAI et EPP. Une réunion préalable sera organisée à l’attention des Présidents de Conseil d’Administration (PCA) et des Directeurs Généraux afin de dialoguer sur la conformité légale et d’expliquer l’esprit constructif et pédagogique de la démarche, avant d’envisager d’éventuelles sanctions.
Mory Condé a rappelé les obligations légales fondamentales qui caractérisent le « travail décent », conformément au Code du Travail et aux engagements internationaux de la Guinée (notamment la Convention n° 81 de l’OIT) : l’établissement de contrats de travail écrits, dûment enregistrés et déposés auprès de l’AGIPE (Agence Guinéenne pour la Promotion de l’Emploi) ; le paiement régulier des salaires assorti de la délivrance obligatoire de bulletins de paie ; l’immatriculation des employés et le versement des cotisations sociales à la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS) ; le versement des contributions financières à l’ONFPP (Office National de Perfectionnement et de Formation Professionnelle) ; ainsi que le respect strict des normes d’hygiène, de santé et de sécurité au sein des locaux professionnels.
Soulignant un paradoxe statistique, le ministre a indiqué que les manquements aux normes du travail et aux déclarations sociales sont plus fréquents dans les structures publiques et parapubliques que dans le secteur privé. « L’État ne peut pas exiger la conformité ou fermer des entreprises privées défaillantes s’il ne met pas d’abord en règle ses propres organismes et entreprises publiques », a-t-il martelé.
Rappelant par ailleurs les prérogatives spécifiques de la fonction, le ministre a précisé que, contrairement aux forces de l’ordre — qui nécessitent un mandat ou une réquisition du procureur pour intervenir —, l’Inspecteur du travail dispose d’un droit d’accès libre, permanent et sans préavis à tous les locaux professionnels.
Pour conclure, Mory Condé a invité les dirigeants et les PCA à solliciter l’accompagnement proactif de l’Inspection du travail afin de régulariser leurs structures en amont des contrôles formels. À l’issue de ces missions, les rapports de synthèse seront directement transmis au Premier Ministre et au Chef de l’État pour l’adoption des décisions qui s’imposent.
Naby Moussa Soumah





















