Boffa, 8 mai 2026 – Relier Boffa à Conakry en passant par Dubréka relève désormais de l’exploit. L’axe routier, pourtant stratégique pour l’économie locale, est dans un état de dégradation très avancée. Un trajet qui prenait moins de trois heures en voiture nécessite aujourd’hui une journée entière.

De KM5 à Bawa, de Djoumayah à Terssè, en passant par Khörira, Koubia, Tanènè et Bouramayah, le constat est le même : nids-de-poule géants, bourbiers, portions quasi impraticables. En mission à Douprou, notre reporter a pu mesurer l’ampleur du calvaire vécu quotidiennement par les usagers.
les femmes commerçantes. « Chaque voyage, c’est une perte. Les fruits pourrissent, les légumes s’abîment à cause des secousses et des retards. Transporter nos marchandises entre Boffa, Dubréka et Conakry devient un cauchemar », confie une vendeuse rencontrée à Tanènè.
Même son de cloche chez les chauffeurs.
Chaque jour, des engins tombent en panne à cause de l’état de la route. « On consomme deux fois plus de carburant à cause des ralentissements et des détours. Et ici, le prix à la pompe grimpe tous les jours. En plus, on passe notre temps au garage », déplore un conducteur de taxi-brousse. Le temps perdu et les réparations à répétition se chiffrent en manque à gagner pour toute la chaîne de transport.
L’inquiétude grandit à l’approche de la saison pluvieuse. Si la route est déjà difficile en saison sèche, beaucoup craignent qu’elle ne devienne totalement impraticable d’ici juin. Certains usagers, excédés, vont jusqu’à dire que « l’État n’existe plus par là » ou que la zone « ne fait plus partie de la Guinée ».
Cet axe est pourtant vital pour l’écoulement des produits agricoles, halieutiques et miniers de la préfecture de Boffa vers la capitale. Sa dégradation pénalise l’économie locale et isole davantage les populations.Les usagers appellent les autorités à une intervention urgente avant l’installation définitive des pluies, pour éviter l’enclavement total de la zone.
Doumbouya Ibrahima Sory 610 62 65 59

















