À quelques heures de la fête de Tabaski, l’effervescence habituelle qui anime traditionnellement les salons de coiffure et les ateliers de couture semble céder la place à une atmosphère empreinte d’inquiétude. Entre rareté de la clientèle et manque de liquidités, les professionnels du secteur tirent la sonnette d’alarme sur une année marquée par une morosité économique manifeste.
Dans les ateliers de couture, le constat est sans appel. Pour les maîtres tailleurs, l’affluence de cette année est loin de refléter celle des éditions précédentes. Si le travail ne manque pas techniquement, la crise de la liquidité frappe durement les ménages, rendant la demande particulièrement timide. « Cette année, rien ne ressemble à l’année dernière », confie un maître tailleur, soulignant que malgré la proximité de la fête, le marché tourne au ralenti.

Le malaise est tout aussi palpable dans les salons de coiffure. Pour les maîtres coiffeurs, la problématique est double : à la rareté des clients s’ajoute une forme de sous-valorisation du métier. « La clientèle vient, certes, mais les moyens financiers ne suivent pas », explique un professionnel du cheveu.
Plus qu’une simple question d’argent, c’est la considération même du métier qui est remise en cause. Certains clients tendent à minimiser le travail des artisans locaux, comparant sans cesse la situation en Guinée à celle de l’Europe, où, selon eux, ces professions bénéficieraient d’une meilleure reconnaissance et d’une structure économique plus dynamique. « Là-bas, le savoir-faire est valorisé. Ici, tout est minimisé », regrette un maître coiffeur.

Face à ce constat, les artisans lancent un appel vibrant à l’endroit de la population guinéenne. Au-delà de l’aspect économique, ils plaident pour une meilleure considération des hommes et des femmes qui pratiquent ces métiers essentiels à la vie sociale. Le respect du métier est, selon eux, le premier pas vers une valorisation qui permettrait, à terme, de sortir ces secteurs de la précarité.
Alors que la fête de Tabaski approche, cet état des lieux rappelle la fragilité du tissu économique local et l’importance de soutenir le savoir-faire guinéen, pilier indispensable de notre quotidien.
Dépêche Aboubacar Camara D’Afrique224.com.com 610 62 65 59

















