Conakry, 9 mai 2026 – Nouveau rebondissement dans l’affaire visant l’ancien Premier ministre, Dr Ibrahima Kassory Fofana. Le président de la Cour et ses conseillers se sont déplacés en personne dans la chambre d’hôpital de l’accusé pour l’entendre, une démarche saluée par la défense.

« Nous saluons le courage et l’honnêteté professionnelle de la Cour qui a accepté de se déplacer », a déclaré Me Dinah Sampil Bérété. Pour l’avocat, ce geste met fin aux spéculations. « Cela prouve à suffisance que le Dr Kassory n’est pas dans un esprit de sabotage ou de refus de comparaître. Il est réellement et gravement malade. »
Sur le fond, Me Bérété conteste les accusations de détournement des 15 milliards de francs guinéens. Selon la défense, cette somme « n’a jamais été détournée et se trouve toujours physiquement et légalement sur le compte du Trésor Public ».
2,08 mmilliards ce montant aurait été « régulièrement décaissé et alloué à l’assainissement de la ville de Conakry ». L’avocat précise que ces fonds ont été gérés par un cadre qui siège « aujourd’hui encore au sein du gouvernement actuel ».
Conclusion de Me Bérété : « Le dossier est totalement vide. C’est un procès d’intention, une chasse aux sorcières politique contre les anciens dignitaires. »

La défense dénonce également des irrégularités de procédure. Elle pointe la présence au dossier de rapports d’enquête et d’audits dont elle n’avait pas connaissance et sur lesquels Dr Kassory n’aurait jamais pu s’expliquer lors de l’instruction.
Face à ces pièces non débattues de manière contradictoire, les avocats ont exigé et obtenu un renvoi de l’audience afin de pouvoir les analyser.
C’est le point central de la sortie de Me Bérété. L’avocat rappelle que Dr Kassory Fofana attend une évacuation sanitaire depuis la fin de l’année 2021 pour honorer un rendez-vous médical à l’étranger.
Il insiste : la pathologie de son client « ne peut pas être traitée efficacement en Guinée en raison des limites du plateau technique local ».
D’où cet appel direct aux autorités : « On ne juge pas un cadavre. Il faut qu’on le laisse aller se soigner. Même si le procès doit continuer après, sa vie doit être sauvée d’abord. C’est une question d’humanité. »
Doumbouya Ibrahima Sory 610 62 65 59

















