Suite aux récentes opérations de marquage de maisons menées à Ratoma Centre, notre reporter de Voix d’Afrique224.com est allé à la rencontre des riverains et des sages pour recueillir leurs témoignages et comprendre la réalité sur le terrain.

« En tant qu’enfant du terroir, nous tenons à rappeler l’histoire de notre présence ici. Les Baga ont toujours été là, protégeant cette forêt de génération en génération. Il existe d’ailleurs des limites claires et historiques entre cette forêt de Kakimbo et les zones d’habitation. À l’époque coloniale, c’est la communauté Baga qui avait cédé une partie de ces terres aux Blancs. Aujourd’hui, nous ne nous opposons nullement à l’État, mais nous l’interpellons solennellement pour qu’il vienne constater de visu ces limitations sur le terrain. Si l’on nous demande de partir du jour au lendemain sans discernement, des milliers de pères et mères de famille se retrouveront sans abri, alors que nombre d’entre nous disposent de titres fonciers en bonne et due forme acquis au fil des ans. Nous demandons aux autorités, au président et aux membres du gouvernement de descendre sur le terrain pour s’enquérir de la véritable situation avant toute décision. »
Amara Simba Sylla, représentant de la communauté autochtone Baga

« En ce qui me concerne, et en tant que résident, nous constatons que les équipes chargées du marquage sont venues sans aucune information ni concertation préalable avec les réalités du terrain. Elles ont agi de manière précipitée, souvent à l’heure de la prière ou en l’absence des propriétaires, pour marquer des maisons de manière anarchique. Pourtant, la zone visée concerne précisément la forêt de Kakimbo, et non les habitations qui s’en trouvent éloignées. De nombreuses maisons se retrouvent ainsi ciblées alors qu’elles abritent des familles entières et que certains possèdent des titres fonciers légitimes. Nous ne sommes pas là pour lutter contre l’État, mais nous demandons instamment aux dirigeants de venir sur le terrain, aux côtés des chefs coutumiers, des imams, des femmes et des jeunes, pour voir les maisons qui doivent réellement l’être et épargner celles qui n’ont pas à l’être. »
Condé Saïdou, résident à Ratoma Centre

Face aux vives préoccupations soulevées par ces marquages jugés hâtifs et équivoques, la population de Ratoma Centre en appelle à la sagesse des plus hautes autorités de la République de Guinée. Loin de vouloir s’inscrire dans une dynamique de confrontation, les habitants et sages espèrent qu’une descente conjointe sur le terrain permettra de rétablir la vérité des limites foncières, de protéger les droits des citoyens en règle et de dissiper définitivement les incompréhensions.
Dépêche : Doumbouya Ibrahima Sory, pour VoixDAfrique224.com 610 62 65 59






















