Lors de cette première édition de la Semaine du Financement des Entreprises de Guinée lancée le 8 juin 2026, M. Amadou Kourouma, PDG de l’entreprise Amafo, a pris la parole pour exprimer les réalités complexes du terrain entrepreneurial guinéen. Selon lui, le problème majeur réside dans la question du financement :

« Nous n’avons pas d’issue, nous n’avons pas de chemin, et nous n’avons pas de solution, parce que la seule et unique solution reste et demeure les banques ». M. Kourouma explique que même lorsque les banques acceptent de financer, elles sont confrontées à des problèmes de recouvrement de créances, ce qui crée un blocage systémique.
Le PDG d’Amafo souligne une dépendance critique envers l’État, qui nourrit 90 % des entreprises guinéennes par le biais des paiements et des grands contrats. M. Kourouma note avec regret que, faute de fonds propres, les entreprises se voient contraintes d’étaler l’exécution de contrats prévus pour six mois sur deux, trois, voire quatre ans, en attendant les décaissements de l’État. « Il faut que l’État encore finance pour que nous commencions l’exécution de ces différents projets, parce que nous n’avons pas de capacité financière ».
Pour M. Kourouma, cette rencontre doit servir à briser ce cycle en mettant les entreprises en relation avec des partenaires financiers pour explorer des pistes de co-gestion, de partenariat ou de financement direct. « Tant que nous ne mettons pas le secteur privé dans nos actions, on ne peut pas s’attendre au développement de notre pays, parce que tous ces grands conglomérats que vous voyez aujourd’hui, leur but c’est de gagner leur part de gain et partir dans leur pays ».
En clôture de son intervention, il a exprimé un souhait fort : « Ceux qui sont là à changer, à transformer le pays, c’est nous, les nationaux, et il faut que nous ayons accès au financement pour pouvoir financer nos différents projets ».
M. Kourouma espère que cette semaine ne sera pas la dernière, mais le socle d’une nouvelle ère où la Guinée pourra organiser régulièrement ses propres rencontres économiques pour soutenir durablement son tissu privé.

















