Lors du sommet de la CEDEAO organisé à Freetown, le Président de la République de Guinée, Son Excellence Mamadi Doumbouya, ne s’est pas contenté d’une allocution protocolaire. Il a livré une véritable réflexion sur le devenir de l’intégration en Afrique de l’Ouest et sur les moyens de la remettre entre les mains des populations, tout en exprimant de vives réserves concernant la stratégie de sanctions adoptée par l’organisation à l’encontre de ses États membres. Pour le chef de l’État guinéen, le modèle actuel de réponse institutionnelle manque de nuance face à la complexité des crises nationales.

Pour illustrer son point de vue, le Président Doumbouya a eu recours à une analogie médicale explicite : « Nous ne traitons pas le paludisme et le cancer avec le même remède. Chaque maladie nécessite son propre traitement. Chaque situation exige sa propre réponse. » Selon lui, cette logique doit s’appliquer à la gouvernance régionale. Il souligne que chaque nation possède une histoire, des réalités sociopolitiques et des défis qui lui sont propres. Par conséquent, l’application d’une solution uniforme à des crises aux racines pourtant divergentes est, selon ses termes, une approche inadaptée, même lorsqu’elle est portée par des intentions louables.
L’argumentaire de Mamadi Doumbouya appelle ainsi à un changement de paradigme au sein de l’organisation sous-régionale. Le leader guinéen suggère que la CEDEAO devrait s’affranchir du réflexe des sanctions automatiques pour privilégier des mesures plus flexibles, adaptées au contexte spécifique de chaque pays. Cette prise de position vient alimenter le débat récurrent sur l’efficacité des leviers diplomatiques de la CEDEAO, posant la question essentielle de l’équilibre entre le respect des principes démocratiques communautaires et la prise en compte des trajectoires singulières des pays de la région.
Par la rédaction voixdafrique224.com





















