Suite au récent communiqué du procureur de la République près le Tribunal de Première Instance de Kankan ordonnant de traquer les élèves en situation de vagabondage et s’adonnant à des dérives sur les réseaux sociaux pendant les heures de cours, notre reporter est allé à la rencontre des élèves et des responsables d’écoles à Conakry pour recueillir leurs impressions sur ce phénomène.
Interrogé sur ces comportements déviants de plus en plus fréquents, Ibrahima Falilou Diallo, directeur du groupe scolaire Abdoul Malik Diallo, sis au quartier Soumabossia, dans la commune urbaine de Lambanyi n’a pas caché son inquiétude tout en saluant la fermeté des autorités :

« Nous apprécions très négativement de tels comportements… C’est un sujet d’actualité, et il faut toujours maintenir le contact avec les jeunes filles, ainsi qu’avec l’ensemble des élèves, pour les sensibiliser et leur faire comprendre l’importance de mettre fin à ces agissements. Ce genre de dérive finit toujours par rattraper ses auteurs. Déjà, publier l’image d’une personne sur les réseaux sociaux sans son consentement constitue une infraction. Ce matin encore, j’étais dans les classes pour les sensibiliser à ce sujet. Récemment, vous avez suivi le communiqué du procureur de la République près le Tribunal de Première Instance de Kankan, qui a instruit le directeur régional de la police de prendre toutes les dispositions nécessaires pour traquer les élèves qui sèchent les cours, ceux qui flânent aux abords des établissements, font des vidéos TikTok ou consomment de la chicha. Nous saluons vivement cette initiative. Si une telle mesure était également appliquée à Conakry, cela nous faciliterait grandement la gestion des élèves et les inciterait à être assidus. J’interpelle chacun à faire preuve de responsabilité. Quand on met un enfant au monde, il faut assumer ses responsabilités… Les élèves qui quittent leur domicile pour se rendre dans des hôtels ou des lieux de loisirs doivent cesser ces pratiques et se concentrer sur leurs études, car c’est là que réside leur avenir. Seuls les études et l’apprentissage d’un métier permettront à l’enfant de devenir un bon cadre, un bon ouvrier ou un bon technicien afin de garantir son avenir. »
Du côté des apprenants, la prise de conscience est également bien réelle. Touré Aïssata, élève en 11ème année option sciences littéraires au sein d’un établissement de la place, pointe du doigt la publication de contenus inappropriés par certains de ses camarades :

« Nous n’approuvons absolument pas ces actes. Le ministère doit prendre toutes les mesures qui s’imposent face à ces comportements. Même si certains d’entre nous s’y laissent parfois entraîner, la publication de telles vidéos est inacceptable, que ce soit dans les écoles privées ou publiques. En tant qu’élèves, nous ne devrions pas enregistrer ni diffuser ce genre de contenus à l’école. Il ne s’agit pas de bannir la réalisation de vidéos, mais certaines pratiques sont intolérables : certaines chansons ne doivent pas être interprétées et certains gestes ne doivent pas être reproduits. Le ministère de l’Éducation Pré-Universitaire doit se saisir de ce problème. S’il le faut, il faudrait interdire les téléphones portables à l’école ou restreindre l’accès à Internet aux élèves pour mettre fin à ces dérives. De telles vidéos n’ont pas leur place sur les réseaux sociaux. »
les réactions recueillies auprès des responsables scolaires et des élèves à Conakry témoignent d’une prise de conscience collective face à la dégradation des mœurs en milieu scolaire. Entre l’appel pressant à la responsabilité parentale, la nécessité d’un encadrement rigoureux de l’État et la régulation des usages numériques en milieu éducatif, tous s’accordent à dire que seule une action concertée permettra de remettre la jeunesse sur le droit chemin de l’excellence et de l’apprentissage.
Doumbouya Ibrahima Sory pour VoixDAfrique224.com 610 62 65 59























