Le paysage sécuritaire nigérian s’apprête à connaître une mutation historique. Ce jeudi 11 juin 2026, la Chambre des représentants a officiellement approuvé un projet de loi d’amendement constitutionnel visant à autoriser la création de polices d’État à travers les 36 États de la fédération. Cette réforme majeure, fruit de plusieurs mois de concertations entre la présidence, l’Assemblée nationale et les autorités sécuritaires, marque une rupture avec des décennies de contrôle exclusivement fédéral sur les forces de l’ordre. Face à la recrudescence des enlèvements contre rançon, des attaques de bandits et de l’insécurité persistante dans diverses régions, cette décentralisation des forces de police est perçue comme un levier stratégique indispensable pour améliorer la collecte de renseignements, réduire les délais d’intervention et offrir une protection plus efficace et locale aux populations.

L’adoption de ce projet de loi s’inscrit dans une dynamique globale de réforme constitutionnelle souhaitée par l’administration du Président Bola Ahmed Tinubu. En complément de la police fédérale actuelle, ces nouvelles structures étatiques permettront d’adapter les stratégies de maintien de l’ordre aux réalités spécifiques de chaque territoire. Ce changement structurel répond à une demande croissante des gouverneurs, des leaders traditionnels et des experts en sécurité qui plaident depuis longtemps pour une architecture sécuritaire plus proche du terrain. En dotant les États de leurs propres capacités opérationnelles, le Nigeria cherche non seulement à restaurer la confiance des citoyens envers les institutions, mais également à endiguer durablement le phénomène des enlèvements qui pèse lourdement sur la stabilité sociale et économique du pays.
SOURCE : CGTN AFRICA
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